Á l'écoute des femmes et de leur intimité profonde.

Une brillante interne en médecine découvre auprès d'un patricien aux méthodes peu courantes, une nouvelle conception de la gynécologie, plus humaine et bienveillante. Il va chambouler sa vision du métier et sa propre vie.

Le chœur des femmes, d'Aude Mermilliod, d'après le roman éponyme de Martin Winckler, est un beau plaidoyer pour faire évoluer la mentalité déshumanisée du corps médical. Cette adaptation forte et touchante est une vraie réussite.

 

Pour finir son internat, Jean doit faire un stage en soins gynécologiques dans le service du Dr Karma dont la réputation a tout pour lui déplaire. Cela ne l'enchante guère, car elle veut surtout faire de la chirurgie et non écouter des femmes parler de leur intimité. Au fil des jours, en découvrant le chœur de ces femmes, son arrogance disparaît, sa vision de la médecine change, et elle finit par se découvrir elle-même.

Le lecteur pénètre dans l'intimité profonde des patientes, tout en suivant Jean et le Dr Karma. Le médecin prône une médecine plus humaine, l'écoute et le respect de leurs choix. L'album est aussi une histoire de transmission et le récit initiatique d'une femme aux multiples fêlures qui affronte ses doutes, ses faiblesses et ses peurs.

Un album touchant, sensible, au trait très expressif, parsemé de petites touches d'humour, où les corps sont dessinés avec pudeur et délicatesse.

 

En écho au festival Littératures européennes Cognac (LEC festival) qui en 2021 met la littérature allemande à l’honneur, nous vous proposons une sélection de films allemands représentatifs des courants cinématographiques du pays et de son histoire.


Apparu avant la Première Guerre mondiale en peinture comme en littérature, l'expressionnisme allemand connaît son apogée dans les années 1920. Au cinéma, ce mouvement a pour caractéristiques un irréalisme poussé à l’excès, une réalité déformée à travers diverses techniques. Le but ultime est de faire ressentir de fortes émotions au spectateur. Le cinéma expressionniste aborde des thèmes comme l’angoisse, la folie ou la peur, les artistes de l’époque étant assez pessimistes en cette période d'après-guerre (humiliation de la défaite, misère, chômage). Le jeu des acteurs est souvent outré, leur maquillage excessif, et les éclairages abruptes. L’utilisation de la lumière grâce à de grands chefs opérateurs va de pair avec la volonté d’utiliser les décors comme éléments essentiels du drame. La critique de cinéma Lotte Eisner consacrera un livre à ce courant intitulé L’Ecran démoniaque.

Voici quelques films-phares qui ont jalonné l’histoire du cinéma allemand, de 1919 à l’avènement d’Hitler, dont certains permettent de mesurer l’importance, la diversité, l’imagination de ce mouvement.

 


Années 60, de jeunes réalisateurs allemands, dans le sillage de la Nouvelle Vague proclament lors du Festival d’Oberhausen : «le cinéma de papa est mort». Le cinéma devient politique.

Confrontés à un état et à une mentalité collective qu’ils considèrent encore empreints de fascisme, ces cinéastes révèlent les continuités entre la société du miracle économique et un passé nazi refoulé. Ces films très différents sur le plan esthétique ont pour point commun la volonté de dénoncer la société de consommation et la société bourgeoise. Ils  traitent des conflits de génération et revendiquent un souci d'authenticité (d'où l'incrustation, pour certains, d'images d'archives).

«Je ne lance pas des bombes, je fais des films»,déclare R.W. Fassbinder,

 

 


Au début des années 2000, l'activité de création cinématographique devient plus importante, au point qu'on évoque un renouveau. L'après Wenders, Fassbinder, Schlöndorff, Herzog commence. Deux pôles d'influence sont importants dans l'émergence de cette "nouvelle nouvelle vague" : un cinéma grand public de qualité qui revisite l'histoire et un cinéma d’auteurs.

 


"L’école de Berlin" mouvement méconnu et passionnant du cinéma contemporain est un mélange d’hyper-réalisme intransigeant et de troubles identitaires. C'est un phénomène et non un groupe qui a été créé consciemment. Il s’agit tout d’abord d’une expression créée par un journaliste allemand qui avait repéré des similitudes entre les films de Thomas Arslan, Christian Petzold, Angela Schanelec. D'autres réalisateurs ont depuis été rattachés à cette étiquette. En parallèle, la revue Revolver a l'ambition et le désir de raviver la tradition cinéphilique allemande et de créer un lieu d'échanges, à la fois techniques et théoriques, entre cinéastes et cinéphiles.