Les absurdités d'un dictateur

 

dictateurC'est un enfant petit, étriqué et qui, en grandissant, va devenir un homme de pouvoir qui va interdire les cercles, les triangles et les rectangles car il ne veut voir que des carrés. Pour s'imposer, il fera la guerre en s'alliant aux dictatures voisines.

Le décor est planté ! Ximo Abadia veut expliquer aux enfants ce qu'est une dictature et on peut dire que le pari est réussi.
Il faut dire que l'auteur est natif d'Espagne, pays qui a subi pendant 40 ans la dictature du général Franco. Ximo Abadia a dit "Je voulais faire une satire du personnage et surtout un album pour les enfants." Son vœu étant que les jeunes générations ne puissent pas grandir sans connaître leur passé.

Mais cet album ne s'adresse pas uniquement aux enfants espagnols, son message est universel. Il ouvre le dialogue sur des notions comme la liberté, la tolérance.

C'est fait avec intelligence et subtilité et "Le dictateur" a pleinement sa place dans les rayons des bibliothèques.

Peut-on parler de tout avec les enfants ? Ouiii !

Le repenti

 

 

le traîtreDans son dernier film, le traître le réalisateur italien Marco Bellocchio dénonce à nouveau les travers de son pays et dresse le portrait d’un parrain repenti Tommaso Buscetta.

1986 : alors que la guerre fait rage au sein de la Cosa Nostra, Tommaso Buscetta, de crainte de représailles pour sa famille, fuit au Brésil. Arrêté par la police et extradé, il décide de collaborer avec la justice et de rencontrer le Juge Falcone. Il devient alors le traître, celui qui, en brisant l’Omerta, va permettre de démanteler la mafia qui infuse toute la société italienne jusqu’à ses plus hauts représentants politiques.

Des années de plomb jusqu’au maxi-procès de Palerme, on suit la trajectoire du repenti et son cheminement interne. Si la scène d'ouverture décrit une réunion de famille digne du Parrain de Coppola, le ton du film change par la suite. Loin des règlements de compte à coups d’assassinats le réalisateur privilégie les joutes verbales, jouant sur la force des mots. A ce propos, la scène des échanges entre Buscetta et Falcone est criante de vérité. Le héros passe de la figure mythique du gangster à celle un homme de principes. Un film social, politique et une réussite !

L'une chante, l'autre pas

Durant cinq ans, le réalisateur Sébastien Lifshitz a filmé le quotidien de deux «Adolescentes» et nous livre une belle chronique sur l’amitié à l’épreuve du temps.

 

Après Leadolescentesjpgs invisibles , l’histoire d' homosexuels dans l’entre-deux guerres, Bambi le témoignage d'une des premières transgenres françaises et tout récemment Petite fille diffusé sur Arte, il suit, dans son nouveau documentaire, deux adolescentes, Emma et Anaïs, habitantes de Brive-la-Gaillarde, que tout oppose.

Emma, la brune rêveuse, indolente, Anaïs, la blonde, extravertie, optimiste sont meilleures amies depuis la 6ème. Bien que d’origines sociales très différentes (milieu aisé et milieu prolétaire) elles aiment à se retrouver au plan d’eau pour discuter de leur rêves, leurs aspirations, leurs craintes quant à leur avenir sentimental et professionnel.

Le réalisateur les filme également chacune dans leur cadre scolaire, familial, ou amical. Nous sommes témoins de leur disputes récurrentes avec leurs parents, de leurs moments de tendresse et de leurs réactions quand l’actualité fait irruption dans leur vie (attentats de Paris, élections présidentielles). Sans voyeurisme, avec beaucoup de discrétion, Sébastien Lifshitz arrive à entrer au cœur de l’intime de ces jeunes filles représentatives de la France actuelle. Comme lui on s’attache à ces deux ados et comme lui on aimerait savoir ce qu’elles vont devenir plus tard.

Un prix Louis Delluc bien mérité !