Les 400 coups à Orlando

the florida projectSean Baker, jeune réalisateur indépendant a situé son troisième long métrage, The Florida project, dans l'univers des motels d’Orlando qui abritent une population déshéritée.

En périphérie d'Orlando, Moonie 6 ans vit en toute liberté au Magic Castle, un motel au nom féerique qui abrite la hidden homelessness, toute une population de laissés pour compte et précaires. Flanquée de ses deux copains Scooty et Jancey, elle fait les quatre-cents coups et vient lorgner du côté de Disney World. Halley, sa mère, une femme enfant, ne sort de sa chambre que pour faire la fête ou gagner de l'argent pour payer son loyer. En cas de bénéfice elle entraîne sa fille dans une orgie de produits sucrés et d'achats compulsifs.Seul Bobby (formidable Willem Dafoe), le manager, se distingue par son sens des responsabilités et fait figure de modèle paternel.
Dans cet univers rose acidulé, les personnages cachent derrière leur insouciance un mode de vie à l’opposé d'un conte de fée. Sans jamais les condamner ni les juger le jeune réalisateur sait distiller peu à peu la menace qui plane sur eux. Sans pathos il filme l'énergie vitale des enfants (non professionnels ) et les émotions qui les traversent.

 

Un polar politique noir, amer et délicieusement désespéré.

Déçu par les promesses non tenues de mai 68, le groupe Nada, composé de six militants d'extrême gauche, décide de frapper un grand coup.
Après La princesse de sang, Doug Headline adapte Nada, un troisième scénario tiré de l’œuvre de son père, Jean-Pierre Manchette. Au crayon, Max Cabanes, au sommet de son art, nous immerge dans la folie de l’activisme et de la répression du début des années 70 en France.

Avec des parcours, des profils et des âges très disparates, ces écorchés vifs désespérés et paumés, ne forment pas un groupe uni. Pour autant, poussés par leur haine du système, ils sont bien décidés à tenter le tout pour le tout et d'enlever un diplomate américain en visite à Paris. Lâché sur leur piste, un commissaire ancien du S.A.C aux méthodes radicales, va mener une traque sanglante aux "anarchistes". Rien ne va se passer comme prévu et dès le début on sent que tout cela va mal finir...

Nada est une bande dessinée très dense où Doug Headline colle au plus près de ce polar politique écrit comme un manifeste contre l'action terroriste, avec des personnages complexes et des dialogues forts, découpés au scalpel.

Cabanes restitue avec une fidélité frappante le Paris des années 70. Avec des couleurs froides, il crée une ambiance glaçante et poisseuse. Pluie et brouillard sont omniprésents et renvoient à l'état psychologique des personnages. À coups de petits traits, il réalise des visages très expressifs et réalistes qui respirent l'urgence et le désespoir.